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Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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3 года назад
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« Il faut rappeler aussi que la transformation profonde de l’historiographie moderne n’a été rendue possible que par le développement considérable pris depuis un siècle par les branches particulières de la recherche historique concernant les structures fondamentales des sociétés : histoire des techniques, de l’économie, histoire sociale, histoire des sciences. Seules certaines branches, parmi ces histoires spéciales, avaient déjà, dans le passé lointain, été pratiquées : l’histoire de la philosophie, celle de la religion, de l’art. Sans les nouveaux domaines ouverts à la recherche et sans les connaissances plus approfondies apportées récemment par l’écologie sur les rapports de symbiose entre l’homme et la nature, une véritable historiographie structurale serait encore hors de notre portée. Ainsi, l’histoire comme science est-elle en train de réaliser le rêve de Michelet : celui d’une histoire totale. Il aura cependant fallu, pour que ce rêve puisse recevoir un commencement de réalisation, un siècle et demi de travail acharné, dans tous les pays du monde, de la part des spécialistes de toutes les sciences sociales. Devant ce foisonnement des sciences historiques, l’objet de l’épistémologie, dans cette branche particulière de la connaissance, est d’abord une étude méthodologique du savoir à propos de l’histoire. Le point de départ en est une confrontation entre l’ancienne conception de l’historiographie, qui, malgré ses variations à travers les siècles et les différences d’un historien à un autre, est restée axée sur une ligne bien définie, d’Hérodote et Thucydide à l’abbé Dubos – sommairement définie, elle est narrative, événementielle, individualiste, et se limite presque exclusivement au domaine politique et militaire, avec quelques incursions dans celui des mœurs, qui permettent à l’historien de donner libre cours à ses tendances moralisatrices – et, d’autres part, l’historiographie nouvelle, encore en voie de formation, pour laquelle tout fait de société, quel que soit le domaine dont il fait partie, entre dans le champ des structures historiques. L’objet de l’histoire, c’est la société dans sa totalité où tout est lié, interdépendant, offrant prise à la rationalité historienne par des méthodes dont la plupart sont de création récente. Mais un travail comme celui que nous avons entrepris ne peut se mener à bien sans que le fond, c’est-à-dire l’histoire elle-même, ne transparaisse à travers la forme : les considérations méthodologiques et le développement des écoles d’historiens. Au cours des deux siècles d’historiographie dont il est question dans le présent ouvrage, la connaissance historique s’est énormément développée, et elle a connu une transformation profonde dans son esprit même, disons dans sa philosophie. Suivre ce mouvement, c’est en même temps et inévitablement prendre contact avec le devenir historique lui-même, tel qu’il est appréhendé par les historiens modernes.