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Читаю вещи

Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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3 года назад
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La perte de tout espoir d’avoir des enfants et la fermeture des cabarets par le pouvoir public furent, dans cette vie, de grands événements. Tikhon Iliitch vieillit visiblement quand il dut, sans le moindre doute, se résigner à ne jamais devenir père de famille. Au début, il plaisantait encore là-dessus : — Non, n’ m’en parlez pas, j’en viendrai à bout, — disait-il à ses connaissances. — Sans enfants, un homme, c’est pas un homme. C’est une friche, pour ainsi dire... Plus tard, une sorte de crainte s’empara même de lui : « Qu’est-ce que ça signifiait ? — l’une avait étouffé son gosse, l’autre lui donnait des morts ! » Et le temps de la dernière grossesse de Nastasia Pétrovna fut une époque dure à traverser. Tikhon Iliitch se montrait soucieux, irritable ; Nastasia Pétrovna priait en secret, pleurait en cachette, et c’était une pitié quand, la nuit, à la lueur d’une veilleuse, elle se glissait tout doucement hors du lit, croyant que son mari dormait, et, péniblement, s’agenouillait, chuchotait, se prosternait sur le plancher, considérait avec angoisse les icônes, puis, toute vieille et douloureuse, se relevait lentement. Jadis, avant de se coucher, elle avait eu l’habitude de mettre ses pantoufles, une chemisette, et de prier distraitement ; et alors, cette prière faite, elle se plaisait à dénigrer les connaissances, à les vilipender. Maintenant, devant l’icône, se tenait une simple créature, en court jupon d’indienne, en bas de laine blancs, dont la chemise laissait à découvert la gorge et les bras charnus de vieille femme. Tikhon Iliitch, dès son enfance, sans même oser se l’avouer, n’avait jamais aimé les veilleuses, leur douteuse lumière d’église ; toute sa vie, il s’était rappelé cette nuit de novembre, cette exiguë masure aux flancs déjetés du Noir Faubourg, où brûlait aussi, — si paisible et si tristement caressante, — une veilleuse : l’ombre des chaînettes auxquelles était suspendue cette lampe oscillait imperceptiblement ; un calme de mort régnait ; sur un banc, sous les images des saints, gisait immobile le père, les yeux fermés, levant son nez effilé, ses longues mains de cire violacée croisées sur la poitrine ; et, tout à côté de lui, derrière la fenêtre voilée d’un chiffon rouge, avec des chansons tapageusement chagrines, des hurlements et un charivari d’accordéons, des conscrits passaient... Maintenant la lampe était constamment allumée. Et Tikhon Iliitch sentait que Nastasia Pétrovna entretenait un mystérieux commerce avec les forces ignorées. Ivan Bounine, Le Village, 1909. Traduit du russe par Maurice Parijanine, 1922.