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Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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4 года назад
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Cette douceur de vivre à la française dessine l’un des aspects les plus sympathiques du pays. Elle est sans doute la caractéristique que nous envient encore nos voisins. « Heureux comme Dieu en France », soupire-t-on en Allemagne et dans une bonne partie de l’Europe de l’Est6. Ce « je ne sais quoi », comme on aimait à le dire à cette époque, qui crée les conditions d’une douceur de vivre semble résulter d’abord de la volonté. Lointain précurseur du pharmacien Émile Coué et de sa célèbre méthode, Voltaire affirme dans une phrase qui est un manifeste de pensée positive qu’il a décidé d’être heureux « car c’est bon pour la santé ». Mais cette notion déborde largement les dernières années de l’Ancien Régime. Elle est précisément une caractéristique de la France. « Douceur. » Le grammairien Pierre Richelet, précepteur à Dijon avant d’être reçu avocat au parlement de Paris, auteur d’un des premiers dictionnaires de la langue française, paru à Genève en 1680, définit ainsi la douceur : « Saveur douce, se dit aussi des odeurs, voix, peau ; vertu qui modère la colère (la douceur de l’esprit fait l’agrément de la conversation) ; plaisir, commodité, aises (chercher les douceurs de la vie) ; petites friandises, petit profit que l’on donne à quelqu’un pour reconnaître la peine qu’il a prise. Ce mot pour dire des cajoleries amoureuses, des paroles galantes de quelque amant, n’a ordinairement point de singulier7. » S’y retrouvent les cinq éléments distinctifs du savoir-vivre français : un art consommé de la conversation, une attitude mondaine, une élégance des habits, une saveur de la nourriture, enfin une galanterie jamais démentie. Cette première impression d’un peuple heureux est confirmée par ce que prétendent les érudits à propos du caractère national. Voyez Le Grand Dictionnaire historique, paru à Lyon en 1683, le premier dictionnaire biographique, fort d’un grand succès dans toute l’Europe, à explorer la notion d’identité nationale. Son auteur, le prêtre provençal Louis Moreri, ne craint pas d’affirmer que « la France est le plus beau pays, le plus puissant royaume et la plus illustre monarchie d’Europe » et, plus loin, il ajoute en une citation éclairante : « Les peuples sont industrieux, et réussissent en tout ce qu’ils entreprennent. Ils sont somptueux et délicats en leur manger et en leurs habits ; ils aiment les armes, et donnent dans toutes les occasions des marques de leur bravoure. Toutes les nations avouent que les Français ont un certain air de civilité, d’honnêteté et d’air libre, qu’on ne retrouve point ailleurs, où l’on voit pour l’ordinaire rien que de contraint et d’affecté. Les sciences et les lettres y sont cultivées. En général le peuple de France est bon ; les petits aiment les grands, considèrent les gens de guerre et la noblesse, honorent les officiers de justice. » Agnès Walch, La vie sous l'Ancien régime, 2020.