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4 года назад
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Le deuxième choc, le sac de Rome par les Vandales, fut une action maritime menée par un empereur éphémère, Petronius Maximus, qui en 455 força au mariage la veuve et la fille de son prédécesseur Valentinien III, la première se voyant contrainte de l'épouser et la seconde, Eudocia (fiancée depuis 442 à Hunéric, fils du roi vandale Genséric), de s'unir avec le propre fils de Petronius, Palladius. Les deux femmes appelèrent alors les Vandales à leur secours. Les échos du pillage de Rome décrit par Procope (nous évoquerons plus loin les commentaires de Saint Augustin à ce propos) n'ont pas vraiment connu la célébrité avant Voltaire, et c'est l'abbé Grégoire, évêque constitutionnel de Blois, qui a « lancé » le terme de « vandalisme » en l'appliquant, le 13 août 1794, à ceux qui détruisaient alors les trésors religieux. Quant au troisième événement choc, longtemps jugé comme déterminant dans l'histoire de l'Europe, c'est la disparition du « dernier empereur », remplacé par un roi barbare. Nous l'aborderons en puisant dans le drame de Dürrenmatt, Romulus le Grand, qui permet de goûter toute la saveur d'une des plus grandes mystifications de l'histoire. L'auteur y tourne en dérision la date de 476 et la signification qu'on lui a donnée, en faisant parler des gens de l'époque dans une langue émaillée de formules qui expriment des théories inventées depuis les humanistes. Ce procédé souligne toute l'absurdité de l'anachronisme, fût-il « scientifique ». « L'Empire romain s'effondre », « les Germains arrivent », « maintenant l'Antiquité est terminée », disent les uns, qui ajoutent : « De toute façon, l'époque qui commence doit être affreuse », provoquant la réplique : « un vrai Moyen Âge obscur ». Et, plus solennel : « De la catastrophe de ce jour, l'humanité ne se relèvera plus jamais. » Le mot de la fin est réservé à Romulus Augustule qui quitte les lieux avec un buste de Romulus, fondateur de Rome, dans les mains : « Avec cela, l'Empire romain a cessé d'exister. » Détail astucieux : Dürrenmatt représente Odoacre en chef barbare, faisant irruption en Italie à la tête de cent mille Germains. Il reprend donc le schéma de l'« invasion barbare ». Or Odoacre, fils d'Edecon (grand personnage d'origine germanique ou mixte à la cour d'Attila), était arrivé en Italie avec une petite suite pour y faire carrière sous l'empereur Anthémios, puis sous la patrice Ricimer. Devenu général romain, il fut proclamé rex, le 23 août 476, par l'armée romaine d'Italie (largement d'origine barbare). Prenant pour titre Flavius Odoacer rex, il vainquit la patrice Oreste, qu'il fit tuer, et congédia son fils Romulus. Il fit ensuite porter à l'empereur Zénon ses insignes impériaux par une délégation du sénat romain, qui déclara que l'Occident n'aurait plus besoin de son propre empereur, celui de Constantinople suffisant à tout l'Empire. Zénon, de son vrai nom Tarasikodissa, un Isaurien et lui-même usurpateur en 474, reconnut Odoacre comme patrice de l'Occident, l'empereur légitime en Occident aux yeux de Constantinople étant toujours Julius Nepos, que son généralissime Oreste avait contraint à l'exil. Mais après la mort de Nepos, en 480, Zénon reconnut à son tour Odoacre comme patrice de l'Occident en datant des édits du nom de Basile, nommé consul de l'année pour l'Occident par Odoacre. En 483, ce Basile assista au synode romain (qui élut le pape Félix III) avec le titre d'eminentissimus vir praefectus praetorio atque patricius représentant le roi, praecellentissimus rex Odoacer. Le rang d'Odoacre se manifestait ainsi dans sa faculté de nommer un patrice. Au lieu d'une fin atroce de l'empire d'Occident sous les coups des hordes barbares, on constate donc le rétablissement officiel de l'unité de l'Empire qui cesse d'avoir deux empereurs. Telle fut la « fin de l'Empire romain en 476 ».