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Читаю вещи

Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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4 года назад
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« Vers 2 heures du matin, comme le jeune homme insomnieux nous versait du thé chinois pâle, très parfumé, qui sentait le foin fleuri, une femme et deux hommes entrèrent, introduisant dans l’air odorant et trouble de l’atelier le froid de la nuit retenu aux fourrures de leurs manteaux. L’un des nouveaux venus demanda si « Charlotte » était là. Une tasse se brisa au bout de la salle et j’entendis de nouveau la voix coléreuse du garçon : « Oui, elle est là. Elle est ici avec moi, et ça ne regarde personne. On n’a qu’à la laisser tranquille. » Le nouveau venu haussa les épaules, jeta à terre sa pelisse et son smoking comme pour se colleter, mais il se borna à revêtir un kimono noir, tomba au long d’un des plateaux à pipes, et se mit à aspirer la fumée avec une avidité déplaisante, qui donnait l’envie de lui offrir des sandwiches, du veau froid, du vin rouge, des œufs durs, n’importe quelle denrée plus propre à combler sa gloutonnerie. Sa compagne aux fourrures alla retrouver la jeune femme saoule, qu’elle appela « ma jolie », et je n’eus pas le temps d’incriminer leur amitié, car elles s’endormirent tout aussitôt, le ventre de l’une moulé à la croupe de l’autre, comme des cuillers dans le tiroir à argenterie. Le froid, malgré la chaleur confinée, descendait du plafond de vitres et annonçait la fin de la nuit. Je serrais mon manteau autour de moi, et je déplorais qu’une paresse, née du sombre arôme et de l’heure tardive, me retînt encore de gagner mon lit. À l’exemple des sages et des abandonnés qui gisaient là, j’aurais pu dormir sans crainte, mais si je sommeille confiante sur une terrasse ou sur une litière d’aiguilles de pin, tout lieu clos et mal connu m’inspire la suspicion. » Colette, Le Pur et l'Impur, 1941.