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Читаю вещи

Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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4 года назад
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« Ce qu’il y a de certain, c’est que les mathématiciens emploient dans leur notation des symboles dont ils ne connaissent plus le sens, et qui sont comme des vestiges de traditions oubliées ; et ce qui est le plus grave, c’est que non seulement ils ne se demandent pas quel peut être ce sens, mais que même ils semblent ne pas vouloir qu’il y en ait un. En effet, ils tendent de plus en plus à regarder toute notation comme une simple « convention », par quoi ils entendent quelque chose qui est posé d’une façon tout arbitraire, ce qui, au fond, est une véritable impossibilité, car on ne fait jamais une convention quelconque sans avoir quelque raison de la faire, et de faire précisément celle-là plutôt que toute autre ; c’est seulement à ceux qui ignorent cette raison que la convention peut paraître arbitraire, de même que ce n’est qu’à ceux qui ignorent les causes d’un événement que celui-ci peut paraître « fortuit » ; c’est bien ce qui se produit ici, et on peut voir là une des conséquences les plus extrêmes de l’absence de tout principe, allant jusqu’à faire perdre à la science, ou soi-disant telle, car alors elle ne mérite vraiment plus ce nom sous aucun rapport, toute signification plausible. D’ailleurs, du fait même de la conception actuelle d’une science exclusivement quantitative, ce « conventionnalisme » s’étend peu à peu des mathématiques aux sciences physiques, dans leurs théories les plus récentes, qui ainsi s’éloignent de plus en plus de la réalité qu’elles prétendent expliquer ; nous avons suffisamment insisté là-dessus dans un autre ouvrage pour nous dispenser d’en dire davantage à cet égard, d’autant plus que c’est des seules mathématiques que nous avons maintenant à nous occuper plus particulièrement. À ce point de vue, nous ajouterons seulement que, quand on perd ainsi complètement de vue le sens d’une notation, il n’est que trop facile de passer de l’usage légitime et valable de celle-ci à un usage illégitime, qui ne correspond plus effectivement à rien, et qui peut même être parfois tout à fait illogique ; cela peut sembler assez extraordinaire quand il s’agit d’une science comme les mathématiques, qui devrait avoir avec la logique des liens particulièrement étroits, et pourtant il n’est que trop vrai qu’on peut relever de multiples illogismes dans les notions mathématiques telles qu’elles sont envisagées communément à notre époque. » René Guénon, Les Principes du Calcul infinitésimal, 1946.