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Читаю вещи

Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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4 года назад
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« Berlin, le 29 (nouveau calendrier) juin 1922 Cher Bori Cher Boris Leonidovitch ! La tentation de l’heure nocturne et la première impulsion surmontées, je vous écris dans la blanche lucidité du jour. J’ai laissé votre lettre refroidir en moi, je l’ai laissée s’ensevelir dans les décombres de deux jours – qu’en subsistera-t-il ? Et donc, de dessous les décombres : La toute première chose que j’ai perçue en balayant la page du regard : une contestation. Quelqu’un conteste, quelqu’un se fâche, quelqu’un exhorte à la réponse : je n’ai pas payé à quelqu’un. Mon cœur s’est serré de désespoir, d’inanité. – (Et ce sans avoir lu encore un seul mot.) Je lis (sans comprendre encore – qui) et, par-delà l’envolée d’une plume inconnue, je discerne en premier : rejeté. (Et mon : ah, c’est insupportable : « Évidemment, il s’agit de quelqu’un qui n’est pas content, qui s’indigne ! Oh, mon Dieu ! En quoi est-ce ma faute s’il a lu mes poèmes ! ») – Et c’est seulement à la fin de la deuxième page, à l’évocation de Tatiana Fiodorovna Scriabine que – comme un choc : Pasternak ! À présent, écoutez ! Un jour (en 1918, au printemps), nous étions assis vous et moi côte à côte à un dîner chez les Tsetline. Vous avez dit : « Je veux écrire un grand roman, avec de l’amour, avec une héroïne – comme Balzac. » Et j’ai pensé : « Comme c’est bien. Comme c’est juste. Comme c’est en dehors de tout amour-propre. – Un poète. » Et puis je vous ai lancé une invitation : « Je serai ravie, si » – vous n’êtes pas venu, parce qu’on ne désire jamais rien de nouveau dans son existence. » Boris Pasternak & Marina Tsvetaeva, Correspondance (1922-1936). Traduit du russe par Éveline Amoursky et Luba Jurgenson.