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Читаю вещи

Читаю литературу и поэзию на французском языке.

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5 лет назад
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« Le goût national a, comme les royaumes, des limites que fixe la langue, un chef-lieu où ses règles reçoivent la sanction : de là comme d’un centre partent les rayons qui éclairent les provinces de son empire, et qui s’affaiblissent nécessairement par la distance. Il en est autrement des sciences physiques. Ceux qui les cultivent suivent le même étendard. Ils marchent vers le même objet : la vérité de la nature dont l’impression fondée sur les seules jouissances qui distinguent l’homme de la brute ne peut être ni effacée par les préjugés de l’éducation, ni réglée par les opinions politiques, ni modifiée par la convention. Quelles que soient leurs mœurs, leur langage, leur habitation, ils ne forment tous qu’une même république ; ils n’ont qu’un trésor commun dont le dépôt appartient à qui veut s’en saisir pour en augmenter les richesses. Le point de la terre d’où il émane le plus de lumières devient le centre auquel ils sont forcés de correspondre. La communication est pour eux de premier besoin. L’intérêt fait disparaître toutes les distances. Les uns voyagent pour recueillir des faits, les autres méditent pour les leur expliquer ; une théorie entrevue sous un pôle vient acquérir sous un autre sa maturité. La vérité, si j’ose dire, n’est vérité que lorsqu’elle a subi la température de tous les climats ; il est dans l’histoire naturelle des objets que l’esprit ne peut contempler avec fruit qu’après avoir réuni toutes les traces des grandes révolutions dans toute la surface du globe. Cette passion de connaître établit un lien fraternel entre les savants de toutes les nations : si jamais les hommes s’accordent à porter toute leur activité vers le Bonheur commun, l’estime de la science de la Nature sera le signal de cette heureuse alliance. S’il règne un jour assez de concert entre tous les peuples pour que toutes les ressources de position soient mises à profit, pour que tous les moyens soient dirigés, pour qu’il n’y ait aucun effort de perdu, la science marchera à pas de géant dans cette carrière dont elle a commencé à apercevoir l’étendue par quelques découvertes de notre siècle. » Louis-Bernard Guyton de Morveau, Discours académique pour la Réception d’Angulo, 1785.